Premier atelier Ruche Campus au primaire

Ruche Campus a eu la chance d’aller tester, avec son comité éducation, son atelier sur les abeilles. Les jeunes du primaire ont pu apprendre l’importance de nos pollinisateurs et comprendre les enjeux de leur déclin. Lors d’ateliers, où la participation des jeunes était à l’honneur, ils ont pu découvrir les sens de l’abeille, les tâches des ouvrières et participer à un quiz-biz!

L’équipe remercie les jeunes pour leur participation et prévoit continuer l’expérience dans d’autres classes face à l’intérêt des étudiants durant l’atelier.

N’hésitez pas à nous contacter pour connaître plus de détails ou pour organiser notre visite! L’atelier est adaptable pour les jeunes de la troisième à la sixième année du primaire.

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«Si l’abeille venait à disparaître, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre.» Albert Einstein

Si ces propos de Albert Einstein ont déjà soulevé la controverse, il faut savoir que tout ceci n’était qu’un beau canular inventé de toute pièce dans l’unique but de susciter l’attention sur l’étrange déclin des abeilles. Néanmoins, même si nous pouvons nous réjouir de ne plus être sous la menace de la disparition massive des abeilles, il faut tout de même reconnaître que leur absence provoquerait un véritable effet papillon. Du décor floral printanier, jusqu’à votre réconfortante tasse de café matinal, beaucoup de choses en seraient affectées. Il faudrait désormais apprécier la faible diversité alimentaire résultant d’une pénurie de pollinisateurs.

C’est malheureusement bien souvent par la perte d’un être cher que nous réalisons sa véritable valeur. Et c’est d’ailleurs le cas pour les services écologiques que nous rend ce charmant petit insecte. Sans s’en rendre compte, les abeilles sont responsables de la pollinisation de la grande majorité des cultures fruitières, légumières, oléagineuses et de près de 90 % des plantes sauvages.

On estime que si l’abeille venait à manquer, c’est tout près de 265 milliards d’euros, à l’échelle mondiale, qu’il faudrait débourser annuellement pour la remplacer. Comme c’est déjà le cas de la province chinoise de Sichuan, où les agriculteurs doivent désormais assurer la pollinisation manuellement en raison d’environ 30 poiriers par jour par homme, comparativement à 3 millions de fleurs pour une seule ruche pour la même période.

Préserver la survie des abeilles, en cessant à petite échelle l’utilisation de pesticides de la famille des néonicotinoïdes dans notre jardin ou en semant des plantes mellifères un peu partout sur notre terrain, c’est offrir un sérieux coup de pouce à ces insectes qui en notre absence, nous garantissent une riche biodiversité.

BIBLIOGRAPHIE

Greenpeace (2013). Le déclin des abeilles. Repéré sur le site de Sauvons les abeilles, section La situation des abeilles et autres pollinisateurs en Europe et dans le monde : http://sauvonslesabeilles.be/wp-content/uploads/2014/04/Bienenreport_FR.pdf

Shultz, D. (Réalisateur) (2007). Le silence des abeilles [Documentaire]. États-Unis : Nationnal Géographic.

Verdura (2016). Disparition des abeilles. Repéré sur le site de Verdura, section Biodiversité : http://www.vedura.fr/environnement/biodiversite/disparition-abeilles

Hécatombe à la ruche

Des parasites assoiffés de sang

Avez-vous déjà songé quelques instants à quoi ressemblerait le contenu de votre assiette si les abeilles venaient à manquer à l’appel? Rassurez-vous si cette question ne vous a jamais effleuré l’esprit, le contraire aurait été plutôt étonnant puisque le domaine apicole fait très rarement la une des manchettes. Il ne faut pas se fier aux apparences, puisque l’abondance en fruits et légumes de votre supermarché du coin n’est qu’une mascarade devant tous ces pollinisateurs qui bourdonnent sans cesse à plus bas régime depuis les trente dernières années. Bien que les causes du déclin massif des abeilles soient multiples, un nom demeure, les anciens l’ont baptisé Varroa destructor, un acarien, auteur de la peste apicole.

Un parasite pour les gouverner tous

Si ce parasite à l’allure vampirique est parvenu à proliférer aussi longtemps depuis son insertion en provenance de l’Asie du Sud-est, c’est qu’il a appris à vivre en totale symbiose avec le cycle de vie de son hôte. Effectivement, l’abeille domestique, aussi connue sous le nom Varroa_SEM_Color_13x18_300dpibigi1kiy4t1w0h0bothd’Apis mellifera, sert à la fois de monture pour les déplacements du V. destructor, mais également de garde-manger puisque le parasite se nourrit exclusivement de son sang, affaiblissant le système immunitaire de son hôte et le rendant ainsi plus vulnérable aux infections virales. Notez que cette relation particulière n’en tient qu’à la gent féminine de l’acarien, car seule la femelle dispose de chélicères adéquates, lui permettant de perforer la carapace de son hôte pour s’y accrocher. Les chélicères sont en quelque sorte des petits bras situés sur la portion antérieure du parasite ayant diverses fonctions selon le sexe. De son côté, les chélicères du mâle sont de formes tubulaires et servent uniquement à transférer les spermatozoïdes lors de la phase de reproduction.

Un cycle de reproduction qui ne laisse rien au hasard

Le cycle de vie du Varroa destructor s’opère en deux temps. D’abord la phase phorétique, soit la période de temps où l’acarien parvient à maturation en restant agrippé à son hôte. Ensuite vient la phase de reproduction. C’est lorsque les abeilles ouvrières se dirigent à l’intérieur du couvain, endroit où les larves transitent jusqu’au stade d’abeille, que les femelles du Varroa en profitent pour s’infiltrer  clandestinement à l’intérieur des alvéoles, juste avant que celles-ci ne soient colmatées. Une fois l’alvéole refermée, la femelle Varroa obtient le champ libre pour enfanter. La descendance du parasite est toujours assurée par un premier mâle, qui ne pourra survivre à l’extérieur de l’alvéole servant seulement à la reproduction, suivi de quatre ou cinq femelles, destinées à répandre l’infestation et perpétuer le cycle de vie du parasite.lutte_varroa_biologie_cycle

Actuellement, nombreux sont les acaricides à voir le jour pour contrer ce fléau. Cela dit, nul d’entre eux n’est sans séquelles pour les colonies d’abeilles. Constatant l’ampleur du phénomène, pourrons-nous compter sur le savoir des Hommes pour sauver la situation ou s’agit-il de la mort graduelle des services de pollinisation?

RÉFÉRENCES

Donzé, G., Fluri, P., Imdorf, A. (1998). Pourquoi les Varroa s’accouplent-ils si souvent? Repéré sur le site d’Agroscope, section Varroa : http://www.agroscope.admin.ch/imkerei/00316/00329/index.html?lang=fr

Donzé, G., Fluri, P., Imdorf, A. (1998). Un si petit espace, une si grande organisation : La reproduction du varroa dans le couvain operculé de l’abeille. Repéré sur le site d’Agroscope, section Varroa : http://www.agroscope.admin.ch/imkerei/00316/00329/index.html?lang=fr

Giovenazzo, P. (2011). Application d’une stratégie de lutte intégrée contre le parasite Varroa destructor dans les colonies d’abeilles mellifères du Québec. (Thèse de doctorat). Université de Montréal, Montréal, Québec.

Lambert, O. (2012). Contamination chimique de matrices apicoles au sein de ruchers appartenant à des structures paysagères différentes. (Thèse de doctorat). Université d’Auvergne, Clermont-Ferrand, France.

Wendling, S. (2014). Les particularités de la reproduction de Varroa destructor, agent de la varoose de l’abeille domestique. Perspectives de lutte. Bulletin de l’académie vétérinaire de France, 167(4), 309-315. Repéré à http://documents.irevues.inist.fr/handle/2042/56523

Les abeilles remportent une première bataille, mais pas la guerre!

Si les abeilles de la région métropolitaine peuvent désormais se réjouir de pouvoir butiner en toute quiétude, il faudra encore patienter avant de voir le même scénario se reproduire au Québec. Néanmoins, le conseil municipal de Montréal a donné le ton, mardi le 26 janvier, en adoptant un nouveau règlement interdisant l’utilisation des pesticides de type néonicotinoïde sur son territoire.

Bien qu’ils soient utilisés d’abord et avant tout sur les récoltes à grande surface, comme celles du maïs ou du soja. Les néonicotinoïdes se retrouvent aussi dans plusieurs produits domestiques permettant de traiter les vers blancs des pelouses ou les infestations d’araignées.

Abeille sur fleur

Abeille sur fleur

Cela dit, ce n’est plus un secret pour personne. Les néonicotinoïdes sont une nuisance pour l’ensemble des écosystèmes. Outre leur fonction primaire, soit d’éliminer les parasites nuisibles à la croissance des plantes, ils entraînent dans leur perte plusieurs agents nécessaires au bon équilibre planétaire tels que nos charmants pollinisateurs, les abeilles.

Par ailleurs, l’Association canadienne des médecins pour l’environnement a permis de confirmer qu’une exposition régulière aux néonicotinoïdes serait sujette à des déséquilibres hormonaux ou des troubles du développement du cerveau.

Nous sommes en train d’assister  à un effet en chaîne. L’année dernière, l’Ontario a donné le coup d’envoi en réduisant à 80 % l’utilisation des néonicotinoïdes de sa surface agricole. C’est maintenant au tour de Montréal à prendre le flambeau. Il ne reste maintenant qu’à espérer que le Québec, lui-même, entame des démarches visant à bannir définitivement les néonicotinoïdes.

Source : Houde-Roy, L. (2016, 27 janvier). Des pesticides dangereux pour les abeilles interdits à Montréal. Journal métro. Repéré à http://journalmetro.com/actualites/montreal/909326/des-pesticides-dangereux-pour-les-abeilles-interdits-a-montreal/